Quatrième de couverture :

Automne 1945, alors que les Alliés se sont entendus pour occuper Berlin et le reste de l’Allemagne, une compagnie de militaires français emmenée par le capitaine Louyre investit le sud du pays. En approchant de la ville où ils doivent prendre leurs quartiers, une ferme isolée attire leur attention. Les soldats y font une double découverte : une adolescente hirsute qui vit là seule, comme une sauvage, et le corps calciné d’un homme. Incapable de fournir une explication sur les raisons de son abandon et la présence de ce cadavre, la jeune fille est mise aux arrêts. Contre l’avis de sa hiérarchie, le capitaine Louyre va s’acharner à connaître la vérité sur cette affaire, mineure au regard des désastres de la guerre, car il pressent qu’elle lui révélera un secret autrement plus capital.

Extrait pour vous donner un avant gout :

Tout en se protégeant du froid qui s’insinuait dans les interstices de la capote, Halfinger se colla contre Louyre et lui lâcha d’un air de confidence :

– Cet homme était un homosexuel.

Louyre ne répondit pas.

– Cela ne vous choque pas ?

Louyre se manifesta à contrecoeur.

– Personnellement, je préfère voir des hommes s’aimer que s’entre-tuer.

– Mais cet homme-là tuait, capitaine ?

– Probablement parce qu’on l’a empêché d’aimer ou d’être aimé.

– Vous êtes une sorte de libéral, ou vous avez une fascination pour la décadence ? demanda le médecin offusqué.

– Non, je ne suis rien, comme tout un chacun, mais je jouis de ma supériorité illusoire de la savoir. Chacun ses plaisirs, docteur.

Mon avis :

Attention !!!! La quatrième de couverture est super loin de la réalité, je m’attendais à un thriller, à une enquête et comment dire j’ai été assez mal servie. Après la mauvaise commande arrivée et la mauvaise surprise passée, la déception passée, je peux vous affirmer que c’est un vraiment bon roman. Je ne dirais pas excellent car comme je l’ai dit la quatrième de couverture m’a leurré et que j’ai quand même été déçue. Comme quoi, des fois c’est bien de pas lire la quatrième de couverture.

La plume de l’auteur est poétique, superbe avec un petit quelque chose de piquant. C’est un bon cocktail en plus rajouter un peu de suspens…

L’auteur nous raconte l’occupation de l’Allemagne par les troupes françaises à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et après l’armistice. En tant que lecteur, on reste figer par l’horreur des choses qui ont pu être fait durant cette guerre, je ne parle pas seulement des génocides juifs (peu abordé dans ce livre) mais aussi celui des handicapées, des malades mentaux… et j’en passe. Alors vous me direz, on l’a étudiée en large et en travers cette guerre, comment je peux encore être étonnée des pratiques qui ont eu lieu. Je crois que l’horreur de cette guerre m’étonnera toujours. Je me ferais du souci pour ma santé mentale si la violence de cette guerre ne m’étonne plus ou pas.

Ce roman retranscrit très bien les différents camps quand qui ce sont profilés à la fin de la guerre : ceux qui ont toujours combattu, les résistants de la dernière heure, ceux qui n’ont rien fait, les opportunistes et ceux qui étaient d’accord avec Hitler.

Je l’ai trouvé très intéressant car l’auteur s’est surtout penché sur les psychiatres dans les asiles. Il a montré leur folie, n’est-ce pas un comble ?

Il y a deux personnages du livre qui m’ont vraiment marquée : Louyre pour son ouverture d’esprit rare à cette époque (cf l’extrait en début de chronique) et son humanité rare elle aussi:

– Vous cherchez une vérité ?

Louyre se dressa d’un coup pour signifier la fin de l’entretien.

– Pas une vérité au sens philosophique du terme, je suis beaucoup plus modeste que cela, je cherche à resoudre l’énigme d’un meurtre.

Le médecin se mit à rire.

– Un meurtre, dans une guerre qui a fait des millions de morts?

– Justement, chacun a droit au repos et à un peu de vérité même s’il est noyé dans une mer de sang.

Haflinger fixa Louyre, incrédule, et l’officier vit des éclats de haine pétiller dans ses yeux.

et Marie qui en quelque est un peu l’analogie de l’Allemagne qui se remet des horreurs qu’elle a vécu et qu’elle a fait vivre. En tout cas, je l’ai vu comme ça.

Voila pour cette chronique en espérant qu’elle vous a plu.

En résumé : un livre intéressant avec une très belle plume, j’ai hâte de découvrir d’autres livres de cet auteur. 

Notation :

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