Ce rendez-vous est un peu particulier, je vous l’avoue volontier. Pourquoi je fais un rendez vous bilingue italien/francais ? Tout simplement, parce qu’en ce moment je suis en Italie et je lis Le gang des reves en italien (La gang dei sogni). Mais comme je veux continuer à partager avec vous mes fragments de livre, je vous les mets dans les deux langues.

Version française :

«Aspromonte, 1908

«Dès qu’il sera sevré, je veux aller en Amérique! annonça Cetta à sa mère, pendant qu’elle allaitait son fils Natale.

— Et pour quoi faire?» maugréa sa mère sans lever les yeux de sa couture.

Cetta ne répondit pas.

«Tu appartiens au patron, tu fais partie de ses terres, ajouta alors sa mère.

— Je ne suis pas une esclave!» protesta Cetta.

La mère posa son ouvrage et se leva. Elle regarda sa fille qui allaitait le nouveau bâtard de la famille. Elle secoua la tête: «Tu appartiens au patron, tu fais partie de ses terres» répéta-t-elle avant de sortir. Cetta baissa les yeux vers son fils. Son sein brun, avec un mamelon plus brun encore, contrastait avec les cheveux blonds de Natale. Contrariée, elle le détacha du sein. Une petite goutte de lait tomba à terre. Cetta posa le bâtard dans le berceau maintenant vétuste où ses frères, elle-même et aussi l’autre avaient grandi. Le bébé se mit à pleurer. Cetta le fixa d’un regard dur. «On va encore devoir pleurer beaucoup, tous les deux» lui dit-elle. Puis elle sortit rejoindre sa mère. »

Version italienne (versione italiana):

Questo è un rendez-vous un po particolare. Metto un passaggio del libro che sto leggendo la gang dei sogni di Luca Di Fulvio. Perché in due lingue? Perché sto in Italia e che leggo in italiano ma come tutti i miei abbonati sono francesi per il momento 😉 metto le due versioni. Sperò che questo articolo vi piacerà.

Aspromonte, 1908

“Voglio andare in america, appena sarà svezzato”, disse Cetta alla madre, mentre allattava suo figlio Natale.

“E per fare che” borbottò la madre senza alzare gli occhi dal cucito.

Cetta non rispose:

“Tu appartieni al padrone e ai campi”, disse allora la madre.

“Io non sono una schiava”, protestò Cetta.

La madre lasciò il cucito, si alzò. Guardò la figlia che allattava il nuovo bastardo della famiglia. Scosse il capo. «Tu appartieni al padrone e ai campi», ripeté, poi uscì.

Cetta abbassò lo sguardo sul figlio. Il seno scuro, col capezzolo ancora più scuro, contrastava in modo quasi stonato con i capelli biondi di Natale. Se lo staccò infastidita dal seno. Una piccola goccia di latte scivolò a terra. Cetta mise il bastardo nella culla ormai decrepita nella quale erano cresciuti lei e i suoi fratelli e anche l’altro. Il bambino comincio a piangere. Cetta lo fissò con uno sguardo duro. “Dovremo piangere ancora molto tutti e due”, gli disse. Poi uscì e raggiunse la madre.

Avez vous lu ce livre ? Vous a-t-il plu ?

Avete letto questo libro ? Vi è piaciuto ?

Laisser un commentaire