Coucou tout le monde,

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir la plume de Leonardo Padura avec son livre Le palmier et l’étoile.

Maintenant c’est à peine si je respire un air inutile, cependant mes poumons usés me restituent, sournoisement, cette sensation chaude et juvénile : c’est l’odeur perdue de La Havane qui palpite dans ma poitrine avec l’intensité douloureuse du roman qu’a été ma vie dont tous les éléments ont pris des proportions excessives : la poésie, la politique, l’amour, la trahison, la tristesse, l’ingratitude, la peur, la douleur ont coulé à flots, pour donner forme à une existence orageuse qui s’éteindra bientôt. Alors il ne restera que l’oubli, ou peut-être la poésie, enfin libérée de l’intensité des jours et des années, et même étrangère à cet instant fulgurant où elle s’est faite chair et sang d’un homme.

Si je m’extasie à évoquer les arômes de La Havane, c’est pour situer l’heureux début de cette histoire dans cette ville où, à peine arrivé, je découvris cette odeur qui, pour une mystérieuse raison, m’exaltait et m’appartenait déjà. Comme je l’ai dit, je fêtai mes quatorze ans en arrivant sur l’île, en provenance du Venezuela où ma famille avait passé les cinq années au milieu des troubles séparatistes et des massacres les plus cruels auxquels se livrèrent les deux factions. Le séjour havanais promettait d’être bref, car notre destination finale était Mexico, où mon père, éternel fonctionnaire royal, devait assumer la charge de juge d’instruction.

J’espère que ce passage vous aura plu… ♥

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