Synopsis :

Suisse. 1942.
Le Val Sinestra, refuge isolé au cœur de la vallée des Grisons entouré de monumentales montagnes, accueille un convoi de réfugiés fuyant les horreurs de la guerre. Des mères brisées au bras de leur progéniture, des orphelins meurtris et atteints de désordres psychiques. Mais là où ils croyaient avoir trouvé la paix, les résidents vont réaliser que le mal a franchi la frontière avec eux.

En guise d’avant goût :

D’un pas hésitant, Arthur emprunta la direction indiquée. Le sol impraticable craquait sous ces semelles fatiguées et les pins se resserraient autour de lui comme s’ils escomptaient l’étouffer. La nuit se matérialisait en plein jour, oppressant le cœur des Grisons sous un amas de branches et de boue. On aurait pu slalomer indéfiniment entre les arbres sans jamais retrouver son chemin. L’idée des rubans venait de Colette. Elle les avait accrochés à intervalle régulier en guise de repères. Mais ce maigre subterfuge n’éloignait pas les dangers. Arthur, en proie à ses démons intimes, les sentait planer tout autour de lui comme une aura malsaine.

Le cri aigu d’un busard cendré détourna soudain son attention. Son pied heurta un entrelacs de racines et l’échalas s’écrasa contre une masse rocheuse. La douleur lui arracha un juron stupéfait tandis que ses mains prenaient appui sur un étrange jeu d’osselets. L’immonde effet de succion produit par la matière révulsa son estomac secoué de spasme incontrôlables. Le pire survint lorsqu’un tissus spongieux coula entre ses doigts paralysés.

Mon avis :

Une très bonne lecture !

Un thriller ou plutôt roman noir sur fond de Deuxième Guerre Mondial, angoissant et terrifiant. Si Hitler était quelqu’un de monstrueux avec des idées glaçantes, il a également aidé d’autres êtres humains monstrueux à sortir de l’ombre et à tuer en toute impunité. Ce livre nous le raconte, l’angoisse et l’horreur ne m’ont pas lâché jusqu’à la fin! On n’est malheureusement pas à l’abri d’un nouveau Hitler comme nous le démontrait le film The wave, que je vous recommande par la même occasion.

Une histoire glaçante !

Dans une Europe déchirée par la Seconde Guerre Mondial et ses affres, des enfants atteints de désordres psychiques de la cécité émotionnelle à des troubles plus importants sont emmené par leurs mère au Val Sinestra. Il a la réputation d’aider les enfants en difficultés. De plus, il est en zone neutre, et en temps de guerre, c’est important. Signur Guillon et Il doctor promettent des miracles, une guérison mais comment est-elle possible dans un endroit plein d’ombres ? Le Val Sinestra est un lieu hanté par ses habitants, son passé et son absence de futur ou la sensation de perte profonde (je n’ai pas encore tranché).

Les enfants sont au cœur du roman, ils sont important pour le Val Sinestra et pour Signur Guillon et Il doctor. Quand la.e lectrice.eur pense avoir vu toutes leurs méchancetés et dévoilé tous leurs mensonges, il y a une autre couche de crasse qui se révèle. Cela fait froid dans le dos! Durant ma lecture, j’ai plusieurs fois frissonné d’autant plus que cela touche les enfants et encore plus les expérimentations sur les enfants. Les enfants vous en conviendrez sont un sujet sensible.

Ana, Arthur, Valère et Colette sont des enfants torturés par les horreurs de la guerre, par des horreurs liées à la vie, à la peur, etc… Ils ont des failles, ils ont perdu l’innocence trop tôt. Leur considération pour d’autres êtres humains est mis à rude épreuve. Vont-ils survivre au Val Sinistra ?

La plume de l’auteure est un mélange addictif et angoissant !

C’est la première fois que je lis un livre de cette auteure. Elle est superbe, elle nous offre un huis clos saisissant et original. Elle donne la parole aux enfants mais aussi au Val Sinistra, Il doctor et Signur Guillon. Le Val Sinistra est un personnage à part entière, comme dit plus haut, il est hanté par son histoire, ses habitants, par l’envie de protéger mais aussi la trouille d’être seul…

Pas loin du coup de cœur !

J’ai eu l’impression d’avoir manqué des explications, car si le mystère plane comme une nappe de brouillard, il n’est pas totalement dissipé. Cela peut plaire mais quand à moi, j’aurais aimé qu’il se dissipe un peu plus.

En résumé : C’est une très bonne lecture addictive, prenante et glaçante. Je compte bien lire d’autres livres de l’auteure, j’ai d’ailleurs Criminal Loft dans ma PAL.

Notation : 16/20

Petite histoire autour du livre : Je voulais offrir un livre pour l’anniversaire de ma femme de ménage alors je suis allée chez le libraire. Je lui ai dit qu’elle avait beaucoup aimé Juste une ombre de Karine Giebel. Et il m’a conseillé ce livre et il a eu raison.

Vous pouvez l’acheter ici.

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