Ueno park, immense étendue de verdure
en plein cœur de Tokyo. On y découvre Ayumi, une hikikomori, qui sort pour la
première fois de chez elle après plus de deux ans de réclusion. Haruto, un
jeune lycéen qui tente de reconstruire sa vie après l’expérience traumatisante
du tsunami de 2011 ; Nozomu, un adolescent SDF qui a dû abandonner le domicile
familial. Sora, qui affiche son look extrême et asexué de genderless kei et
doit résister aux insultes ; Airi, fan obsessionnelle, qui s’égare dans son
fantasme avec son idole. Ces adolescents ne se connaissent pas mais ont en
commun de ne pas se conformer, de rejeter les codes traditionnels de la société
japonaise et d’affirmer un style de vie, un furieux désir de liberté. A Ueno
park, ils vont se trouver réunis pour le Hanami, le spectacle de l’éclosion des
cerisiers. Ce moment de renaissance va permettre à chacun d’explorer sa propre
solitude.

En guise d’avant-goût :

C’est ce jour-là que j’ai compris que nous ne quittons jamais vraiment la
cage des drames qui nous façonnent. Nos barreaux à nous ont pénétré sous notre peau, dans nos corps, ils sont dans nos bras, dans nos jambes, tout en travers de nous.

Mon avis :

Un roman à la trame originale !

C’est un roman choral, pas dans le sens commun du terme. Ce ne sont pas des
histoires qui se rejoignent, pas des points de vue de personnage qui
s’entrecoupent. Chaque chapitre, c’est une petite histoire différente où un
personnage différent s’exprime. Les deux seuls points communs à ces petites
histoires, c’est le lieu “Ueno Park” et l’événement
“Hanami”.

Un
chapitre, une histoire !

Le deuxième chapitre est sur Sora, c’est un garçon qui se sent fille. Il
s’habille comme une fille, il se maquille comme une fille. C’est une évidence
pour lui. Et il veut qu’on l’accepte comme tel. Il se fiche bien du regard des
autres sur ce qu’il est. C’est assez ambigu et contradictoire. Cette envie
d’acceptation est touchante. C’est une histoire parmi d’autres dans ce roman.
Elles parlent toutes de tolérance, certaines sont plus touchantes que d’autres.
La tolérance est le mot clé de ces histoires. Une tolérance envers la
différence qu’elle soit visible ou non visible.

Une très bonne lecture !

C’est une très bonne lecture. Il y a notamment une histoire qui m’a
bouleversée. Elle parle de deux sœurs l’une est malade et elle va bientôt
mourir, l’autre essaie de faire face dignement et de soutenir. J’ai été touchée
parce que ma sœur a aussi une maladie rare. Cette maladie a sa part
d’incertitude et d’inconnu. (Quand elle était petite, les médecins disaient
qu’elle n’aurait que 10 ans à vivre. Aujourd’hui, elle en a 19.) Leur réaction
face à la maladie m’ont émue et bouleversée, j’ai même pleuré.

Un public visé !

Ce livre a été publié chez Actes Sud Junior. Je trouve que c’est assez
restrictif. Et j’émet des réserves quand au public visé, je ne pense pas que
j’aurais été réceptive et assez mature avant mes 14 ans pour lire ce livre. Le
sujet est très bien abordé.

Les adultes peuvent aussi lire ce livre, car il n’est pas enfantin, au
contraire, on dirait de vrais témoignages. L’auteur sait transmettre les
pensées d’adolescents qui ont du grandir trop vite face à des situations
difficiles.

En résumé : C’est une très bonne lecture. Il parle de tolérance,
d’adolescent qui se cherche, se perde et demande la liberté d’être eux tout
simplement. Une fin surprenante ! ♥

Notation : 17/20

 

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Un commentaire sur « Ueno park de ANTOINE DOLE »

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