Cela fait quatre-vingts ans que les tyrans ont été vaincus, laissant un monde en ruine aux pluies mortelles.

Ces dernières années, la chronique était défrayée par Deirane, la belle paysanne devenue reine. Mais elle ne fait plus parler d’elle depuis quelque temps et tout le monde la croit morte. Pourtant, lorsqu’une enfant est vendue comme esclave, elle réapparaît afin de lui éviter de subir le même sort qu’elle. De façon inattendue, elle reçoit l’aide d’une ancienne amie. Une aide qui se révèle pas si désintéressée que cela. Et il semble que celui qui a acheté la jeune paysanne est le tortionnaire qui a fait autrefois de Deirane ce bijou vivant objet de toutes les convoitises.

Mais tout ceci ne serait-il pas un piège destiné à la retrouver ? D’ailleurs, au juste, qui est la cible de tous ces complots ?

En guise d’avant-goût : 

— Tu m’as jamais écrit de poème pour me séduire. 

— Je n’avais pas de pentarque pour m’aider, répliqua-t-il. 

— C’est vrai. Tu es tout excusé.

Mon avis :  

Une très bonne lecture ! 

C’est une très bonne lecture. Je me suis plongée assez vite dans ce roman. La.e lectrice.eur est partagé.e entre le passé et le présent de Deirane. Cette femme a été esclave, reine et plein d’autres choses… Une nappe de mystère l’entoure. L’auteur a su construire un univers qui m’a séduite tant il est complet. Il a inventé des peuples avec leur propre culture et un système d’état ainsi qu’une langue (quelques mots), une unité de mesure de temps. Il y a même une touche d’humour, que demander de plus ?

Une carte, car je me suis un peu perdue dans l’emplacement des lieux.

Deux histoires en une !

Je vous ai dit qu’il y avait une alternance entre le passé et présent qui se fait sans anicroche. Les transitions sont claires. Les coupures des chapitres sont bien placées. Elles entretiennent le suspense.

Seulement, j’ai préféré le passé de Deirane à son présent. Dans l’enfance, elle a été victime d’un sortilège : son corps est maintenant serti d’un fil d’or et de pierres précieuses. C’est un monstre, une convoitise aux yeux des autres. Cependant, elle va de l’avant contrairement à la Deirane du présent qui est plus radoteuse “avec ces pierres qui l’importunent”. Seulement, ces pierres contribuent aussi à la rendre unique. Ce sortilège lui change la vie. Cette épreuve lui a permis d’acquérir de l’assurance et une certaine prestance. La description du personnage m’a donnée envie de la dessiner ou de la voir dessiner.

Une trame originale ! 

Deirane et son fils se rendent au marché aux esclaves de Boulden dans le but d’acheter une esclave mais pas n’importe laquelle. Seulement, tout ne se passe pas comme prévu. La jeune fille en question est achetée par un autre. Deirane commence sa quête pour la retrouver. Pourquoi tant de dérangement pour une esclave ? Qui est-elle pour Deirane ?

Les connaissances passées de Deirane sont tellement attachantes ! 

J’ai beaucoup plus accroché à ces personnages. Le père de Deirane, Jensen est quelqu’un d’émouvant, prêt à tout pour sa fille tout en étant un homme un peu prude et bourru (j’ai un faible pour les personnages bourrus). Deirane et son père entreprennent un voyage à la recherche d’un chaman capable de défaire le sortilège dont elle a été victime. Seulement la route n’est pas de tout repos. Heureusement, ils croisent Festor et Jalia, deux stoltzens. Ce sont des compagnons de route des plus atypiques, ils sont tellement attendrissants.

Jensen et sa fille Cleirance sont les piliers de Deirane. Ils l’aiment envers et contre tout. C’est cet amour familial inconditionnel qui m’a le plus touchée. Il est tellement bien retranscrit. Cela m’a manquée dans le présent de Deirane.

Les petits bémols ! 

Je chipote un petit peu, il le faut bien. Seulement, il y avait quelques longueurs qui se sont glissées vers le milieu du récit. Certains rebondissements m’ont paru de trop. Ils servent et desservent l’histoire car certains passages restent pour moi un peu confus.

Un autre point m’a dérangée, il y a un peu trop d’histoire de viols. Bien que le pays décrit par l’auteur est un pays où les actes de barbaries sont assez présents, c’est légèrement excessif. Heureusement pour moi, l’auteur ne s’y attarde pas.

Un point qui me tient à cœur !

Je n’en parle pas beaucoup mais j’aime les prénoms originaux, inventés voir unique. Dans ce livre, il y en a myriade.

En résumé : Une très bonne lecture! L’histoire est prenante et addictive. L’auteur et sa plume fluide nous transportent dans un univers original et mystérieux. J’ai hâte de lire la suite.  

N.B.: Je remercie l’auteur pour sa confiance et pour m’avoir permis de lire ce livre.

Notation : 16/20

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3 commentaires sur « La malediction des joyaux T1 : La paysanne de LAURENT DELÉPINE »

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