Montréal, hiver 1914. Recueillis et élevés par les revêches bonnes sœurs d’un hôpital-orphelinat, Rose et Pierrot sont deux enfants pas comme les autres. Lui se révèle un pianiste prodige ; elle sait comme personne illuminer le visage des enfants tristes par ses pantomimes. Ils tombent bientôt amoureux, et se mettent à rêver ensemble d’un avenir lumineux, sous le chapiteau du cirque le plus spectaculaire que le monde ait jamais connu. Mais l’adolescence les sépare et, tandis que s’avancent les ombres de la Grande Dépression, voici nos fantasques tourtereaux repoussés aux marges sordides de la ville, dans la misère, la débauche et le crime. Armés toutefois d’une candeur et d’une insolence à toute épreuve devant la veulerie des hommes et la violence d’un monde qui semble avoir tout oublié des pouvoirs enchanteurs de l’imagination, Rose et Pierrot n’auront de cesse de braver les obstacles, et ne désespéreront jamais de se retrouver.

Mon avis :

Une lecture partagée !

Elle n’est pas mitigée, juste partagée. J’ai globalement aimé. Elle est belle, un peu crue et en même temps tellement poétique. Si je me suis plongée rapidement, l’évolution des personnages et de l’histoire m’a perdue. La fin reste superbe, elle a bien failli m’arracher une larme.

“Ces jeunes filles avaient gâché leur vie entière pour cinq minutes plaisantes dans un escalier de service. Maintenant, un étranger dans le ventre, elles avaient été envoyées se cacher par leurs parents, tandis que les jeunes pères continuaient de vaquer à leurs occupations, se baladaient à bicyclette et sifflaient dans leur bain. C’était pour cela qu’on avait construit cet édifice. Par immense bonté pour ces misérables gueuses.”

Rose et Pierrot sont deux orphelins, tous deux ont été abandonnés dans les rues froides de Montréal. Ils ont été récupérés par les sœurs dans un orphelinat. Ils vivent séparés par des dortoirs : les filles dans les dortoirs des filles et les garçons chez les garçons. Les nonnes voient une amitié naître entre eux, elles y voient un amour naissant. C’est intolérable. De l’amour volage, ils sont nés, rien de bien ne peut naître de l’amour. Une histoire bien crue sans enrobage, un peu à la Charles Dickens !

“Rose le regarda intensément pendant un bref instant. Et puis elle baissa de nouveau les yeux vers le papier, où elle griffonna quelque chose. Elle le leva ensuite et, au haut de la page, en lettres carrées, on lisait : LA GRANDE FANTASMAGORIE DES FLOCONS DE NEIGE.”

“Né n’importe où ailleurs, il aurait été un prodige musical. Mais comme il avait grandi dans un orphelinat, il jouait du piano au réfectoire à l’heure du souper.“

Rose et Pierrot sont des personnages très atypiques, un peu comme des funambules entre rêve et réalité. Ils ont normaux et en même temps, ils ont un petit quelque chose d’extraordinaire. Ils sont fascinants. Leur évolution ne m’a pas plu. Je ne sais pas, c’était peut-être beaucoup trop loin de ce que j’imaginais.

“Tous les jours, des bébés étaient abandonnés sur les marches de l’église. Les poings du petit s’ouvraient et se refermaient comme de pensives anémones de rêves.”

La plume de l’auteure est entre la brute de décoffrage et la poésie. C’est un peu comme un oxymore (je ressors mes figures de style de français du collège). D’ailleurs, l’auteure utilise beaucoup de figures de style, une reine de la métaphore. C’est très imagé et magique.

En résumé : C’est une lecture partagée avec des personnages fantasques. Leur évolution m’a légèrement perdue mais je suis en pâmoison devant la plume de l’auteure. Elle est très imagée. La fin est juste et belle.

Notation : 13/20

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